10/09/2022, Madisson H., 27 ans, Sprimont



Madisson H., 27 ans, a été tuée d’une balle dans la tête par son ex-compagnon de 31 ans à Sprimont. Celui-ci a contacté la zone de police Secova pour signaler qu’il venait de commettre un meurtre. Il s'était déjà montré violent et ne supportait pas leur séparation. Il est placé sous mandat d'arrêt pour meurtre. Madisson laisse derrière elle ses deux filles, âgées de 4 ans et de 6 mois.  

Dans les mois ayant suivi son féminicide, les deux enfants ont été accueillies par leurs grands-parents maternels. Cependant, leur père, qui demeure le seul parent survivant exerçant l’autorité parentale, a été consulté par le Service d’aide à la jeunesse (SAJ) concernant l’avenir de ses filles, conformément au cadre légal en vigueur. Ils ont décidé qu’un placement constituait la solution la plus appropriée. Parmi les arguments avancés figuraient notamment la difficulté pour les grands-parents de faire simultanément face au deuil de leur fille et à la prise en charge de leurs petits-enfants, ainsi que le risque d’éloignement entre les enfants et leur père. La grand-mère des petites filles témoigne : "Mon deuil, je ne le ferai jamais. C'est ma fille que j'ai perdu, ce n'est pas ma voisine, ce n'est pas une copine, c'est ma fille. Tout ce qu'il me reste pour faire mon deuil, ce sont mes deux petites filles. Je me battrai pour les garder quoiqu'il advienne. Je me battrai pour les récupérer."  

Cette affaire soulève des questions fondamentales quant à la prise en compte des violences basées sur le genre dans les décisions relatives à l’avenir des enfants après un féminicide (l’autorité parentale, la place accordée aux proches de la victime, la protection et la reconnaissance des besoins spécifiques des enfants). Plusieurs associations féministes et organisations de défense des droits des enfants soulignent depuis plusieurs années la nécessité d'adapter les cadres juridiques afin que les conséquences des violences conjugales et des féminicides soient pleinement prises en compte dans les décisions relatives à l'autorité parentale, à l'hébergement et à la protection des enfants.  

Enfin, au-delà de la responsabilité individuelle de l'auteur, cette situation interroge la capacité des institutions à appréhender le féminicide comme un phénomène spécifique produisant des conséquences particulières pour les enfants et leur entourage. Elle met en évidence une forme de violence institutionnelle, dans la mesure où les dispositifs administratifs et juridiques peuvent contribuer à invisibiliser la gravité des violences commises et leurs effets durables sur les victimes. Ces mécanismes peuvent être analysés comme une forme de victimisation secondaire, dans laquelle les institutions, contribuent à aggraver, prolonger ou invisibiliser les effets des violences initiales.


Sources/bronnen :

Source FR : RTL, 11/09/2022 ; RTL, 21/11/2022

Source NL : Het Nieuwsblad, 11/09/2022