05/03/2026 - Gloria, 24 ans, Schaerbeek
Gloria, une jeune femme de 24 ans, a été abattue d'une balle dans la tête dans son sommeil par A., son ex-compagnon.
Elle a été retrouvée sans vie dans son appartement, trois jours avant la Journée internationale des droits des femmes. Le couple avait entretenu une relation de plusieurs années marquée par des épisodes de violences physiques. Gloria avait cherché à y mettre fin. Selon les médias, A. n'a pas accepté leur rupture et a "décidé d'ôter la vie" à Gloria. Il a été placé en détention et mis en examen pour meurtre.
Comme dans un grand nombre de féminicides, la victime avait déjà signalé les violences qu'elle subissait. Elle avait déposé plusieurs plaintes à l'encontre de son ex-compagnon, qui lui avait notamment proféré des menaces de mort à plusieurs reprises.
Gloria était aide-soignante dans une maison de repos et développait en parallèle une activité dans la pose de faux cils. Elle tenait également un compte TikTok sur lequel elle donnait des conseils en matière d'esthétique.
Le contexte de diffusion du féminicide de Gloria a été particulier, notamment marqué par un framing racial tant du côté de l'agresseur que de la victime.
Premièrement, les médias belges ont mis plus d'une semaine à s'emparer de l'affaire. Le média Yurbise a relevé le 14 mars que "ce silence assourdissant de la presse traditionnelle participe activement à l'invisibilisation des violences patriarcales", ce à quoi nous ajoutons l'invisibilisation des crimes ciblant les personnes racisées, car ce n'est bien entendu pas anodin que le féminicide de Gloria, une femme noire, ait dû se heurter à "une omerta médiatique quasi totale". C'est finalement grâce à la mobilisation de sa famille, de ses proches et de comptes militants sur les réseaux sociaux que son féminicide a pu être visibilisé et reconnu.
Parallèlement, il y a une vague de commentaires racistes sur les réseaux sociaux qui attribuent le féminicide de Gloria aux origines de son ex-compagnon ou à ce qui a été désigné comme la mixité raciale de leur couple. Il est fatigant de devoir rappeler constamment que les données belges et internationales sont claires : il n'existe pas de profil type d'auteur de féminicide ; le seul point commun de ces crimes est que les auteurs sont des hommes, indépendamment de leurs origines, leur religion ou encore leur situation socio-économique. Les idées reçues qui cherchent à faire porter la responsabilité de ces crimes sur certaines communautés (on sait très bien lesquelles) sont dangereuses car factuellement fausses, tout simplement. Ces propos participent donc à une instrumentalisation raciale du crime, ce qui détourne non seulement l’attention des violences patriarcales, mais en plus culpabilise la victime pour son choix d'être dans un couple dit mixte.
Comme l'a dit une proche de Gloria, "au lieu de se concentrer sur la violence faite aux femmes, certains transforment ça en guerre raciale. Utiliser la mort d'une femme pour alimenter le racisme ou faire des vues, c'est irrespectueux. C'est vraiment manquer de respect à ce qu'elle était et à sa mémoire."
Sources : Tétons Marrons, 14/03/26 ; Yurbise, 14/03/26 ; L'Avenir, 15/03/26 ; RTBF, 15/03/25